Une miellée d’acacia fortement perturbée

Un gel d’une rare intensité a frappé l’Alsace le 20 avril dernier. Malgré le retour du beau temps cet évènement continue d’avoir des conséquences pour les agriculteurs … et aussi pour les producteurs de miel !
La météo d’avril a stoppé net l’élan impulsé par le mois de mars, qui avait été « quasiment estival ». Entre le 11 et le 15 Avril 2017, les températures maximales sont passées de 30°C à 10°C. Pour les abeilles, cela signifie « être privées de repas pendant plusieurs jours » … une situation aggravée par la gelée noire du 19 et du 20 avril qui a détruit les fleurs présentes ainsi que certaines des fleurs à venir : les acacias et les châtaigniers ont particulièrement souffert … deux arbres offrant des ressources fondamentales pour les abeilles (ce sont 2 des 6 principales sources de miels de notre territoire). Les Vosges du Nord et les forêts du Sundgau et de la Hardt semblent les plus sévèrement touchées. Ailleurs, la situation varie d’un vallon à l’autre, mais la floraison est moins belle et généreuse qu’à l’habitude. Les abords des agglomérations ont été épargnés.
Des ruches affaiblies et des transhumances supplémentaires
« Dans certains bois on se croirait en automne » explique Thierry Grieneisen, président de l’association des apiculteurs professionnels d’Alsace (CETAA Alsace). « Les branches brulées par le gel ne fleuriront pas. Beaucoup de producteurs ont dû chercher en urgence de nouveaux ruchers pour se recentrer sur les zones épargnées par le gel, ce qui a occasionné beaucoup de déplacements et de stress ». L’apiculteur professionnel poursuit en expliquant que « au cours de cette période, les reines ont arrêté de pondre. Cela se traduit par un manque d’abeilles qui se ressent encore aujourd’hui. Enfin, les ruches ont survécu en consommant leurs réserves, si bien que la récolte de miel de fleur a été en grande partie annihilée. Sur certains secteurs, il a fallu apporter des compléments alimentaires pour sortir les ruches de la famine (un comble, lors de la période classique de production de miel).
Les apiculteurs s’inquiètent que ce type d’évènement « printemps très chaud suivi de longues périodes de froid» semble de plus en plus fréquent (2012, 2014, 2016, 2017). La profession remarque également des problèmes de sècheresse en été, qui prennent une ampleur inédite en Alsace … Des soucis qui viennent s’ajouter aux autres problèmes qui touchent déjà les abeilles : l’appauvrissement de l’environnement en ressources florales, les pollutions, les maladies et parasites exotiques. A ce sujet, le frelon asiatique semble être aux portes de l’Alsace, tandis qu’une nouvelle menace, a récemment été introduite en Italie : le petit coléoptère des ruches.

Article diffusé dans la presse agricole (Paysan du Haut-Rhin ; Est Agricole) et grand public (DNA).